Oui en fait à la base j'avais un petit peu envie de parler de mon cul et puis je me suis rappelée que internet est un joujou accessible à tous et que ici je ne suis pas sur mon journal intime tout rose avec des froufrous, à qui je pourrais dire "Cher Journal, aujourd'hui je me suis cassé un ongle, j'ai du garder mes mains dans mes poches toute la journée et ma peau est toute desséchée maintenant"... En fait j'avais surtout envie de faire mumuse avec mes mimines sur le clavier, et de les laisser danser au rythme de mes pensées, sans réfléchir, sans me poser de question, sans vouloir maitriser, comme je le fais toujours, ce qui pourrait sortir de ma tête...
A vrai dire je ne me fais pas trop d'inquiétudes sur ce que je pourrais dire, je pense que d'ici quelques lignes, les plus courageux des rares fantômes passant par ici seront découragés voire ennuyés, et pour peu que ces fantômes tardent à venir, le sujet ne serait plus d'actualité, et donc plus digne d'intérêt.
Je me rends compte que je n'ai pas voulu commencer par le vif du sujet, et que j'ai préféré noyer dans la masse des mots les réels ennuis et je me retrouve après cette introduction complètement inutile en rade, je ne me souviens plus de la tournure des phrases qui me venaient en tête. A vrai dire j'hésite entre le fait de tout effacer et de tout recommencer, de tout effacer et de ne PAS recommencer, et tout simplement de continuer à taper même si je ne sais plus quoi dire... Je n'ai même pas abordé avec mon chéri d'écran le dixième du problème que je l'ai déjà oublié, ou plutôt, je me suis forcée à l'oublier... Je fais toujours comme çà, tout va bien avec moi, tout va toujours bien, même quand çà va mal. Je ne l'ai pas fait exprès, je le promet, je crois que je fonctionne comme çà, ou plutôt, je me cherche une excuse, mais après tout on s'en fout ca marche très très bien, j'ai de bons amis appréciant ma bonne humeur , mon sourire affiché chaque jour sur mon visage serein et exempt de tout souci. En fait, c'est peut être çà le soucis... Même si je ne l'admettrais jamais, ce n'est pas çà le problème, je suis un humain comme tous les autres et j'ai des problèmes, des chagrins et des frustrations, comme chacun de nous en a eu et en aura dans sa vie... Depuis quelque temps, j'ai trouvé une autre façon de voir les choses. Il faut dire que j'en ai bouffé, du sable, à la pelle, à la pelle, j'aime bien dire qu'avec du sable, on fait du béton, et que j'en ai bouffé tellement, que j'ai une putain de carapace maintenant. Comme on le dit, ce qui ne vous tue pas vous rends plus fort, dans la mesure des problèmes psychologiques bien sur, rien ne m'a tué, mais je suis plus forte, c'est la différence que j'ai avec les faibles, qui quand quelque chose ne va pas, ont plus tendance à se tuer qu'à aller de l'avant, même si ils se ratent, c'est pareil, c'est l'intention qui compte... L'intention de tout lâcher... Mais que fais-je ? Des préjugés ? je parle sans connaitre ? Oh que si je sais de quoi je parle, je sais pourquoi les forts ne supportent pas les faibles, parce que les faibles s'en vantent, ils vous narguent du haut de leur problèmes à deux balles, problèmes qu'ils ne sont pas capables de surmonter, alors ils préfèrent vivre avec, et si possible, les montrer et les imposer à la face du monde. Quiconque plus fort qu'eux est tiré vers le bas, parce que "il ne peut pas comprendre" il "parle de choses qu'il ne connait pas", Oh que si, les forts ont été faibles et se sont relevés un jour, les faibles ne sont pas capable de poser un pas devant l'autre sans s'écrouler.. Moi je grimace à chaque pas, je grimace derrière mon sourire, mais j'avance, et les faibles, tous plus pitoyables les uns que les autres, vous attrapent, vous accrochent, cherchent à vous entrainer avec eux dans leurs gouffre sans lumière parce qu'eux n'ont jamais pu se relever, n'ont jamais pu relativiser et abandonner leurs soucis de pacotille, c'est une barrière psychologique qu'ils n'osent pas franchir,et quiconque la passe est quelqu'un de véhément ne connaissant rien à la douleur...
C'est pour cela que je souris, que je refuse de me morfondre, de m'asseoir au bord du chemin, car j'ai trop envie de vomir à l'idée d'être faible, à l'idée de m'abaisser au niveau des résignés...
C'est une faiblesse.
J'ai le droit de péter un plomb, j'ai le droit de pleurer, d'être déprimée, d'admettre que parfois ça ne va pas... Mais je ne peux pas reculer un pied derrière la ligne, j'ai voulu m'affranchir de mes problèmes et je suis allée un peu trop loin, j'ai passé la limite tumultueuse, et je flotte dans l'océan calme et lisse, je vois les vagues derrière moi et je ne veux pas y retourner, mais je n'ai pas pieds, alors je nage, je nage, je ne m'arrête pas, peut être y a t'il un rocher sous mes pieds, mais je ne tendrais pas les jambes pour le savoir, et je nage et j'avance... Je bois la tasse mais je continue... C'est mauvais, ça fait mal a la gorge et au nez, mais je ne me noie pas, je serre les dents, je digère...
C'est l'image que je renvoie, et c'est peut être ça le problème, trop sure d'elle. Une statue, droite, figée, de pierre, et regardant toujours le même objectif, sans se détourner jamais...
Mais au fond de moi je sais qu'un jour je serais allée trop loin, et que ce jour la si je bois la tasse et me retrouve en difficulté, il y aura toute cette eau sous moi que j'ai toujours ignorée... Et j'irais vers le fond. Et peut être qu'il n'y aura personne... Peut être que je serais seule, je l'ai toujours été. Les gens bien ne sont pas pour moi, ils sont pour les autres, après tout je suis suffisamment forte, je n'ai ai pas besoin pardi. Même entourée je suis seule, mon masque ne l'est pas, moi je le suis...
Tant pis...